Point de situation sur un épisode de cas groupés de pneumonies associées à un nouveau coronavirus (2019-nCov) dans la ville de Wuhan, en Chine.

Mise à jour 3 février 2020

Chiffres clés au 3 février 2020

17 220 cas en chine et 361 décès
17 383 cas confirmés

de coronavirus (2019-nCoV) ont été signalés

1 premier décès hors de Chine
6 cas confirmés en France et 0 décès
25 pays ont signalé des cas

Asia : Chine (17 220), Japon (20), Thaïlande (19), Singapour (18), République de Corée (15), Taiwan (11), Malaisie (8), Vietnam (8), Emirat Arabe Unis (5), Inde (2), Philippines (2), Cambodge (1), Népal (1), Sri Lanka (1).

Europe : Allemagne (10), France (6), Italie (2), Grande-Bretagne (2), Russie (2), Finlande (1), Espagne (1), Suède (1).

Amérique : États-Unis (11), Canada (4).

Océanie : Australie (12).

Résumé de la situation

Le 31/12/2019, l’OMS a été informée par les autorités chinoises d’un épisode de cas groupés de pneumonies dont tous les cas avaient un lien avec un marché d’animaux vivants dans la ville de Wuhan (région du Hubei), en Chine, le Huanan South China Seafood Market. Le 09/01/2020, un nouveau coronavirus (2019-nCoV) a été identifié comme étant la cause de cet épisode. Parmi les 41 premiers cas détectés à Wuhan, la plupart travaillent dans le Huanan South China Seafood Market où des animaux vivants sont vendus, ou l’ont fréquemment visité, indiquant une probable contamination d’origine animale.

Le marché a été fermé et désinfecté le 1er janvier, mais la source d’infection n’a pas été formellement identifiée à ce jour. La dynamique de l’épidémie observée actuellement est compatible avec une transmission d’homme à homme importante en Chine. Hormis la Chine, quatre pays ont déclaré avoir identifié des évènements de transmission interhumaine sur leur territoire.

Les symptômes décrits évoquent principalement une infection respiratoire aiguë (fièvre, toux), mais des difficultés respiratoires et des anomalies pulmonaires détectables radiologiquement sont également décrites, ainsi que des formes plus sévères.

Le 24/01/2020 au soir, 3 cas d’infection par le virus 2019-nCoV ont été confirmés en France : 1 cas à Bordeaux et 2 cas en Ile-de-France. Ces cas ont été pris en charge dans des établissements de santé de référence et ne présentent pas de signes de gravité. Une investigation a été immédiatement mise en œuvre par les Agences régionales de santé (ARS) et les Cellules régionales de Santé publique France pour identifier leurs éventuels contacts entre le début de leur maladie et leur hospitalisation.

Une analyse a été menée pour évaluer le niveau d’exposition de ces personnes contacts aux cas confirmés. Certains types de contact ont été considérés comme étant susceptibles de donner lieu à une transmission du virus. Les personnes concernées ont été informées et une conduite à tenir leur a été transmise. Celle-ci consiste à :

  • un suivi durant 14 jours après le dernier contact avec le cas confirmé ;
  • prendre sa température 2 fois par jour, tous les jours ;
  • porter un masque chirurgical en cas d’apparition des premiers symptômes de fièvre ou de signes respiratoires ;
  • appeler le 15 en cas de symptômes, en évitant de se rendre directement chez un médecin ou dans un service d’accueil des urgences.

Le 28/01/2020 au soir, un quatrième cas d’infection par le virus 2019-nCov a été confirmé en France : le patient est hospitalisé en Ile-de-France. Le 29/01/2020 au soir, un cinquième cas d’infection par le virus 2019-nCoV a également été confirmé : il s’agit de la fille du quatrième cas identifié le 28/01. La patiente est également hospitalisée en Ile-de-France.

Le 30/01/2020, un sixième cas d’infection par le 2019-nCoV a été confirmé en France. Le patient est un médecin qui a soigné le 23/01 deux touristes chinois considérés comme des cas probables d’infection à 2019-nCoV lors de leur passage en France. Le patient est hospitalisé en Ile-de-France.

Les investigations autour de ces cas sont actuellement mises en œuvre par les Agences régionales de santé concernées et Santé publique France (cellules régionales et siège).

Il est probable que ce coronavirus soit similaire à celui des autres coronavirus humains, qui sont généralement transmis lors de contacts étroits après l’inhalation de gouttelettes infectieuses émises lors d’éternuements ou de toux par le patient ou après un contact avec des surfaces fraîchement contaminées par ces secrétions. Les coronavirus survivent jusqu’à 3 heures dans le milieu extérieur, sur des surfaces inertes sèches. En milieu aqueux, ces virus peuvent survivre plusieurs jours.

Compte tenu de la situation internationale, la survenue de cas confirmés en France n’est pas un évènement inattendu. L’isolement des patients à l’hôpital et la mise en œuvre de cette surveillance a pour objectif de prévenir des transmissions secondaires à partir de ces cas. Santé publique France partage l’analyse faite par le Centre européen de contrôle et prévention des maladies infectieuses (ECDC) sur le risque de propagation du virus 2019-nCoV au sein de la population française. Ce dernier est actuellement considéré comme faible si les cas confirmés sont détectés précocement et que des mesures de contrôle adéquates sont mises en place immédiatement (isolement des malades, information et suivi de leurs contacts étroits, protection des personnels soignants).

Source : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/cas-de-pneumonies-associees-a-un-nouveau-coronavirus-2019-ncov-a-wuhan-en-chine